Pain au chocolat ou chocolatine ? La petite histoire d'un grand débat

Peu de mots déclenchent autant de débats au comptoir d'une boulangerie. D'un côté, l'équipe « pain au chocolat »; de l'autre, l'équipe « chocolatine ». Chacun est convaincu d'avoir raison, et personne ne veut céder. Bonne nouvelle : on ne va pas trancher pour vous… mais on va vous donner de quoi gagner le débat au prochain brunch.

Parce que derrière ce petit rectangle doré se cache une histoire de plusieurs siècles, un voyage entre Vienne, Paris et le Sud-Ouest de la France — et quelques théories savoureuses sur l'origine du mot « chocolatine ».

C'est quoi, au juste, une chocolatine ?

Chocolatine, pain au chocolat, couque au chocolat, petit pain… peu importe le nom, on parle de la même chose : une viennoiserie de pâte levée feuilletée, la même que celle du croissant. De forme rectangulaire, elle est roulée autour d'une ou deux barres de chocolat, puis dorée au four jusqu'à ce que le feuilletage croustille.

D'où vient le mot « viennoiserie » ?

Sur ce point au moins, tout le monde s'entend : le mot vient bel et bien de la ville de Vienne. Dès le XVIIᵉ siècle, les artisans autrichiens maîtrisaient l'art des pâtes levées, avec des produits comme le kipferl, l'ancêtre en forme de croissant.

La viennoiserie débarque à Paris à la fin des années 1830, quand deux Autrichiens, August Zang et Ernest Schwarzer, ouvrent leur « Boulangerie Viennoise » rue de Richelieu. Le succès est fulgurant : les boulangers parisiens s'approprient vite la technique en y ajoutant leur fameuse pâte feuilletée. Le reste, comme on dit, appartient à l'histoire.

D'où vient le mot « chocolatine » ? Trois théories

Le terme apparaît en France au XIXᵉ siècle. On estime qu'il s'installe à Toulouse dans l'entre-deux-guerres, sans entrer dans les dictionnaires régionaux avant 1980. Aujourd'hui, il fait partie du vocabulaire du Sud-Ouest de la France… et du nôtre, ici au Québec. Mais d'où vient-il ? Trois hypothèses circulent.

1. Le coup du suffixe. La plus simple : « chocolat » + le suffixe « -ine », un procédé courant en français. Pensez à nougatine ou amandine — pourquoi pas chocolatine ?

2. La piste occitane. Plusieurs linguistes penchent pour une origine occitane : chicolatina, « petit chocolat ». Charmant, et logique vu l'ancrage du mot dans le Sud-Ouest de la France.

3. La théorie la plus savoureuse (mais la moins crédible). Le mot viendrait de l'anglais « chocolate in bread », du temps où l'Aquitaine était sous domination anglaise. Jolie histoire… sauf que cette période médiévale se termine bien avant l'arrivée du chocolat en Europe, au XVIᵉ siècle. Difficile de mettre du chocolat dans son pain quand il n'existe pas encore par ici ! À ranger du côté des belles légendes.

Qui a inventé le pain au chocolat ?

On revient à nos deux Autrichiens : Zang et Schwarzer ont amené à Paris tout le savoir-faire de la viennoiserie. La version au chocolat qu'on connaît — pâte feuilletée bien beurrée — est plus tardive : ce sont les boulangers français qui, au début du XXᵉ siècle, ont peaufiné la recette. Pas d'inventeur unique, donc, mais une belle chaîne de mains qui se sont passé le flambeau.

Chocolatine ou pain au chocolat : y a-t-il une vraie différence ?

C'est LA question — et la réponse va décevoir les plus batailleurs : aucune. Même pâte feuilletée, même chocolat, même forme. Un pain au chocolat et une chocolatine, c'est rigoureusement la même viennoiserie.

La seule vraie différence, c'est le nom, et il est régional. En France, « pain au chocolat » domine partout, sauf dans le Sud-Ouest, fidèle à « chocolatine ». Au Québec, aucune hésitation : c'est chocolatine. Le débat n'oppose donc pas deux recettes, mais deux façons d'appeler la même gourmandise — ce qui le rend encore plus amusant.

L'art de la viennoiserie pur beurre

Chez nous, le débat, on le règle d'une seule façon : en sortant du four, chaque matin, une sélection de viennoiseries feuilletées et moelleuses, parfaites avec votre café.

  • Chocolatines (ou pains au chocolat, promis, on répond aux deux !) : bâtons de chocolat fondant dans un feuilletage croustillant.

  • Croissants pur beurre : dorés à souhait, légers et aériens.

  • Brioches artisanales : douces, moelleuses et réconfortantes.

Que vous soyez de l'équipe chocolatine ou pain au chocolat, venez chercher votre douceur fraîchement sortie du four dans l'une de nos succursales — ou découvrez notre menu viennoiseries complet ici.

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